Opinion: La fermeture des loisirs de plein air en Ontario est mauvaise pour notre santé et ne fera pas grand-chose pour ralentir le COVID

Cela a commencé comme un samedi nuageux et morne. Je me suis réveillé avec un sentiment de tristesse pour mes enfants et je me suis demandé comment nous allions passer notre week-end sans accès aux terrains de jeux locaux. Alors que nous nous promenions sur une piste locale, mon téléphone a commencé à émettre des bips incessants avec la nouvelle que, à peine 24 heures plus tard, le premier ministre Ford avait décidé de revenir sur sa décision de fermer les terrains de jeux.



un panneau sur le côté d'une clôture: le gouvernement de l'Ontario a fermé des installations extérieures telles que des terrains de sport et des terrains de golf alors qu'il prolongeait le verrouillage à l'échelle de la province vendredi après-midi.


© Fourni par National Post
Le gouvernement de l’Ontario a fermé des installations extérieures telles que des terrains de sport et des terrains de golf alors qu’ils prolongeaient le confinement à l’échelle de la province vendredi après-midi.

Il a été bien établi que la transmission extérieure du COVID-19 est nettement inférieure à la transmission intérieure. Nous savons également que la transmission de surface en extérieur n’a pas encore été documentée. Les terrains de jeux et les installations de loisirs en plein air, tels que les terrains de baseball, les terrains de football, les courts de tennis et les skateparks, n’ont jamais été établis comme source de transmission dans les communautés, et leur importance ne peut être surestimée en tant que ressource communautaire pour les familles, en particulier celles affectées de manière disproportionnée par cette pandémie.

L’accès aux terrains de jeux publics et aux installations récréatives extérieures favorise la santé mentale et le bien-être physique des enfants. Les enfants qui ne sont pas exposés aux espaces verts sont plus susceptibles de développer une dépression et de l’anxiété plus tard dans la vie. Il a été démontré que le fait d’être à l’extérieur améliore l’humeur, réduit l’insomnie et aide à améliorer la capacité d’adaptation en général. Des taux d’obésité plus élevés ont été enregistrés lors des fermetures d’écoles, car les perturbations dans les routines entraînent moins d’activités physiques, parascolaires et de plein air. Nous savons que les terrains de jeux et les installations récréatives extérieures jouent un rôle important en permettant aux enfants d’être actifs et de jouer.

En l’absence de terrains de jeux et d’installations de loisirs en plein air, nous courons le risque que les familles s’engagent dans une socialisation à l’intérieur, ce qui, nous le savons, comporte un plus grand risque. À ce moment critique, avec l’augmentation du nombre de cas, nous ne pouvons pas nous permettre de stimuler une socialisation «cachée» qui contribuera inévitablement à se propager.

Dans de nombreux centres urbains, les terrains de jeux et les installations de loisirs en plein air peuvent être la seule source d’activité physique pour les enfants des communautés marginalisées, comme ceux qui vivent dans des appartements et des complexes d’habitation où l’accès privé aux espaces verts est limité. Ces familles sont plus susceptibles de vivre dans des foyers multigénérationnels où des membres de la famille qui travaillent participent à des travaux essentiels et peuvent donc bénéficier encore plus du temps passé à l’extérieur pour jouer. C’est cette population même qui est la plus exposée au risque d’acquisition du COVID-19, ce qui rend la socialisation en intérieur beaucoup plus dangereuse.

Au cours de la dernière année, le gouvernement Ford a demandé aux familles d’éviter les espaces intérieurs à risque. Maintenant, le gouvernement Ford limite l’accès aux installations récréatives extérieures. Lorsque nous concentrons nos efforts sur les environnements à faible risque en nous concentrant sur la restriction des interactions extérieures, nous créons une confusion autour du risque légitime, nous contribuons à la fatigue du verrouillage, nous réorientons les interactions sociales à l’intérieur et nous détournons l’attention du risque réel. Au lieu de cela, nous devons plaider pour des jours de maladie payés pour les travailleurs essentiels, une stratégie de vaccination donnant la priorité aux points chauds et des tests et un traçage robustes dans les zones durement touchées. La fermeture des terrains de jeux et des installations récréatives extérieures ne devrait jamais faire partie de notre réponse à la pandémie.

La décision de garder les installations récréatives extérieures fermées ne peut être prise sur la notion qu’il vaut mieux «prévenir que guérir». Nous devons équilibrer les avantages potentiels d’une décision avec les préjudices inhérents. Ici, nous avons une décision avec des avantages extrêmement improbables en matière de prévention des maladies, mais avec des préjudices très réels pour les enfants et les familles. Il est temps de parler au nom de nos enfants et de nos familles en Ontario. Il est temps d’ouvrir des installations de loisirs en plein air!

Alanna Golden est une ancienne travailleuse sociale en santé mentale des enfants. Elle est médecin de premier recours à Toronto et mère de trois jeunes enfants.